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> nostalgie hippie en cuissardes à katmandou, fin 2003, reportage mi mode mi culturel de titouan lamazou ; ce ne sont pas des documents sixties, pas d'agrandissement in hippy sixties way, in thigh boots in katmandu '03 ; these are not sixties images : the pix cannot be enlarged

 

Népal, une mosaïque himalayennePAR BÉNÉDICTE MENU. Publié le 08 juin 2007Actualisé le 09 juin 2007 : 17h15 LeFigaro.fr

En février 2007, après plus de dix années de conflit, le gouvernement népalais signait un accord de paix avec la guérilla maoïste... Simple répit ou avis de beau temps ? Depuis que Pritvhi Narayan, roitelet de Gorka, unifia les différents royaumes de la vallée de Katmandou en 1766, jamais la monarchie hindoue ne fut à ce point remise en question... Le pays deviendra-t-il une république ou une monarchie parlementaire ? Les élections, qui devraient se dérouler après la mousson (cet été), statueront sur son sort, en espérant qu'elles ne soient pas à nouveau reportées.

Coupé du monde sous le joug de la dynastie Rana jusqu'au milieu du XIXe siècle, le Népal reste l'un des derniers mythes du monde occidental. Sa vertigineuse verticalité, ses vestiges culturels époustouflants (la vallée de Katmandou abrite à elle seule sept sites classés au patrimoine mondial en péril de l'Unesco) et son histoire mouvementée ont largement contribué au halo de mystère qui enveloppe ce petit territoire hors du temps. Bouddha y naquit, Shiva et le panthéon des divinités hindoues l'habitent, Tintin y traqua l'abominable homme des neiges, sir Edmund Hillary y acquit l'éternité en plantant son drapeau sur le toit du monde, et nombre de hippies s'y perdirent sur le chemin de Goa.

Dans le hublot, une brume grisâtre voile le sol. Nous approchons de Katmandou. Juste avant d'entamer la descente, une rotation de l'avion révèle soudain sur le bleu franc du ciel un front de géants aux cimes immaculées : l'Himalaya ! Le Népal est une étroite bande qui s'étend d'est en ouest sur 800 kilomètres au coeur de cette gigantesque barrière. Sur l'axe sud/nord, 150 kilomètres à peine séparent la plaine du Téraï située à 60 mètres d'altitude, à la frontière indienne, du mont Everest, qui culmine à 8 848 mètres aux portes du Tibet. Une géographie improbable tout en marches d'escalier. Et c'est sur la troisième marche, celle des moyennes montagnes, que nous nous posons à 1 400 mètres d'altitude. Premières impressions : Katmandou défrise. Surtout si on l'a connue plus tôt. Où sont les rizières et les vaches sacrées ? Les abords de la ville ont perdu ce charme rural qui enchantait les premiers pas du voyageur. La population de la vallée frôle désormais les trois millions, gonflée par les migrants venus du piémont himalayen ou des régions les plus pauvres de l'Inde comme le Bihar. Les habitations s'accrochent les unes aux autres dans un dédale chaotique en perpétuelle expansion, inadapté au trafic intense. Nous nous frayons tant bien que mal un chemin entre les camions Tata déglingués hérités de l'Inde qui n'en veut plus, les rickshaws pour touristes, les nuées de motos, les minivans collectifs bondés et la foule bigarrée qui va et vient dans ce brouhaha assourdissant. L'air est saturé et il faut s'éloigner d'une trentaine de kilomètres, grimper sur les collines qui entourent la vallée pour échapper à la pollution. Tableau peu réjouissant que la magie des vieux quartiers de Katmandou, de Patan et de Bhaktapur, séparés d'à peine plus de 10 kilomètres, nous fera vite oublier.

De ces trois cités impériales, Bhaktapur, qui connut la prospérité entre les XIIe et XIVe siècles, est notre préférée. Peut-être parce que plus éloignée de Katmandou que Patan, elle conserve mieux son atmosphère médiévale. Sur Durbar Square sont alignés le palais royal en briques rouges orné de ces fenêtres en bois finement sculptées qui ont fait la renommée de l'artisanat Newar, les temples et pagodes aux toits de tuiles où des milliers de clochettes tintinnabulent au vent. Chez nous, de tels joyaux architecturaux seraient intouchables. Ici, ils sont lieux de vie, rendez-vous amoureux, terrains de jeux pour les enfants. En fin d'après-midi, les étals de souvenirs disparaissent, laissant la place aux kiosques ambulants des marchands de momos (sorte de raviolis) et autres douceurs tandis que des gamins déambulent, portant de longs bâtons d'où pendent des barbes à papa rose fluo protégées par des sacs en plastique.

En deux ou trois jours, il est possible de visiter les plus importants sites de la vallée, mais une petite semaine permet d'aller plus loin. De se perdre dans les ruelles bordées de maisons anciennes organisées autour de cours où l'on voyait, il n'y a pas si longtemps, les femmes battre le riz. De visiter au petit matin le site de Pashupatinath - littéralement le maître des animaux, l'autre nom de Shiva -, quand les pèlerins viennent faire leurs offrandes et que les familles assistent à la crémation d'un être cher sur les rives de la rivière Bagmati, au milieu des singes et des sadhus. Une semaine... Pour fureter à loisir dans les boutiques de Thamel, voir et revoir le grand stûpa de Bodnath entouré de somptueux monastères et de ribambelles de drapeaux de prière. Ou celui de Swayambunath, perché sur les hauteurs, érigé, dit-on, il y a plus de vingt-cinq siècles, ce qui en ferait l'un des premiers sanctuaires bouddhistes du monde. Ensuite, chacun choisira sa route. Nous mettons le cap à l'ouest pour profiter de la douceur de Pokhara, alanguie sur les rives du lac Phewa, avant de nous envoler pour Jomson à bord d'un Twin Otter de Yeti Airlines (la compagnie des sherpas). Passage entre les chaînes du Daulaghiri et des Annapurnas, atterrissage à 2 700 mètres et accueil militaire avec en toile de fond le Nilgiri North, qui défie les nuages du haut de ses 7 061 mètres.

La plupart des rues de Katmandou ont des noms provenant du nepâlbhâsa, affirmant son appartenance à la riche culture newari et à l'héritage qui en est resté. La « vieille ville » est remarquable pour ses nombreux temples et palais bouddhistes et hindous, dont la plupart remontent au XVIIe siècle. Beaucoup de ces monuments ont été endommagés par des séismes et par la pollution. Cette vallée abrite des sites appartenant au patrimoine mondial de l'UNESCO, composés de sept différentes zones : le centre des trois villes principales, Katmandou Hanuman Dhoka, Patan et Bhaktapur, les deux plus importants stûpas bouddhistes, Swayambhunath et Boudhanath et deux fameux tombeaux hindous, le temple Pashupatinath et Changu Narayan. Depuis 2003, le site appartient au patrimoine mondial comme étant « en danger », suite à l'inquiétude de la perte continue d'authenticité et de la valeur universelle exceptionnelle de la propriété culturelle. Katmandou est populaire auprès des touristes occidentaux depuis les années 1960, quand elle devint un destination-clé duvoyage hippie lorsque Jho Chhee était l'une de ses principales localisations.

La métropole urbaine de Katmandou souffre d'une dangereuse croissance du niveau de pollution de l'air. L'Himalaya au nord et Mhabharat au sud forment une barrière autour de la vallée de Katmandou qui empêche la dispersion de l'air pollué hors de la vallée. Ceci aboutit à des pics de pollution saisonniers qui approchent le niveau dangereux des zones industrielles des autres nations. De manière simple, la situation géographique de Katmandou influence les concentrations de pollution aérienne et particulièrement durant les mois d'hiver, pendant lesquels les circulations d'air de montagne et de vallée affectent le mouvement de la pollution aérienne. Pendant l'hiver, la pollution aérienne est emportée hors de la vallée de Katmandou pendant le jour, ensuite les brises montagnardes forcent la pollution à retourner dans la vallée la nuit. Cela a pour résultat un niveau très élevé de particules suspendues de pollution pendant la nuit.

Barjavel a fait de Katmandou le sujet d'un de ses romans, Les Chemins de Katmandou (1969). Ce livre a donné un film, du même nom et sorti la même année, réalisé par André Cayatte et une musique signée Serge Gainsbourg. Katmandu est le titre de plusieurs chansons : une de Cat Stevens, sur son album Mona Bone Jakon (1970), une de Bob Seger, sur son album Beautiful Loser (1975) et une de Krematorij, sur leur album Three Springs (2000). Fito Páez a aussi une chanson à propos de Katmandou, intitulée Tráfico por Katmandú (« Traffic à Katmandou » en français).

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